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La demanda de adopciones en el extranjero cae el 40% en dos años

La demanda de adopciones en el extranjero cae el 40% en dos años

 

  1. • Los crecientes periodos de espera en países como China disuaden a las familias
  2. • La Generalitat abre la vía para prohijar en Vietnam, Malí, Senegal y Costa de Marfil
 La consellera Capdevila, en la reunión con el ministro chino de Asuntos Civiles, Li Xuejo (con corbata azul). Foto:  MAITE CRUZ
La consellera Capdevila, en la reunión con el ministro chino de Asuntos Civiles, Li Xuejo (con corbata azul). Foto: MAITE CRUZ
ANTONIO BAQUERO
BARCELONA

L’ONG française "Rayon Soleil" au cœur du scandale

Posted: 09/11/2007 06:17:45    Post subject: L’ONG française "Rayon Soleil" au cœur du scandale Reply with quote

L’ONG française "Rayon Soleil" au cœur du scandale

Sur les traces des enfants maliens disparus en France - L’Aube poursuit avec abnégation ses investigations sur les centaines d’enfants envoyés en France en adoption, par l’ONG française « Rayon soleil ». Plus nous avançons dans nos enquêtes, plus les contours de l’affaire se précisent. En effet, depuis le début de nos révélations (voir l’AUBE n° 13 du jeudi 1er novembre 2007), sur les nombreux cas d’adoption, orchestrés par l’Ong « Rayon soleil » en France par l’entreprise de sa représentation malienne, les locaux abritant notre Rédaction sont quotidiennement pris d’assaut par des mères réclamant leurs enfants, partis en France et dont elles n’ont plus les nouvelles.

L’Aube se voit désormais investi d’une mission cardinale par ces nombreuses mères qui s’estiment avoir été tout simplement dupées par « Rayon soleil ». Après le cri de détresse de Mme Guindo Goundo Keïta (voir l’Aube n°14 du 05 novembre 2007), Mme Keïta Sira Dembélé (l’une des trois veuves de feu Abdoul Wahab Keïta), et autre mère victime de la duperie de « Rayon soleil », s’est confiée à notre reporter, en présence de ses co-épouses, Fatou Samaké, et Fatoumata Traoré et de plusieurs dizaines de femmes, aussi dupées, par l’Ong incriminée. C’était au cours d’une grande rencontre organisée au domicile du chef de quartier de Babiyabougou, en commune I du District de Bamako.

Au nom de l’ensemble des mères victimes présentes, Madame Keïta Sira Dembélé s’est prêtée, sans détours, à nos questions.

L’Aube : Madame Keïta, comment avez-vous eu connaissance de l’ONG « Rayon soleil » ?

Mme Keïta Sira Dembélé : C’est par mon défunt mari, qui avait lui aussi appris l’existence de l’ONG au quartier Hippodrome de Bamako par monsieur Namaké Konaté, qui n’était en fait que le cuisinier de la première responsable de l’ONG.

Nous savons que vous avez deux enfants en adoption en France. Dans quelles conditions cette adoption a été faite ?

D’après ce qu’on m’a dit, quelques jours après le contact que mon mari a eu avec l’ONG, une dame française accompagnée d’un officier malien est arrivée dans notre famille, sous prétexte de venir dire bonjour. J’imagine que l’officier qui avait accompagné la femme blanche a du convaincre mon mari d’accepter de faire adopter quelques uns de ses enfants en France, par l’ONG « Rayon soleil ». Car, quelques jours après la visite effectuée par la française et l’officier malien, mon mari m’a fait part de sa décision de faire adopter en France, certains de nos enfants.

Comment saviez que ce monsieur est un officier ?

A cause de son uniforme et ses galons, il s’appelle Mamadou Konaté. Et, il m’a dit qu’il était capitaine de police. L’uniforme et les galons qu’il portait confirmaient cela. Mon défunt mari m’a aussi rassurée sur la crédibilité de l’homme.

Qu’avez-vous répondu quand votre mari vous a fait la proposition d’envoyer en France vos enfants ?

Vous savez, il est toujours difficile voire douloureux pour une femme de se séparer de son enfant. Mais dans notre culture, c’est l’homme qui décide de faire de son enfant ce qu’il veut. L’avis de la femme compte peu aux yeux du mari. Je lui ai tout de même demandé ce que renfermait le principe de l’adoption d’un enfant en France. Il m’a répondu que le capitaine Mamadou Konaté lui avait dit que les enfants devaient être confiés à des familles en France. Des familles qui allaient s’occuper de les mettre à l’école, de les éduquer pour leur bonheur, jusqu’à leur majorité. Et qu’après, ils reviendront dans leurs familles respectives, s’ils le désirent.

Ces propos vous ont rassurée ?

J’avoue que je n’y croyais pas trop. Et, j’ai exprimé alors à mon mari, le souhait de parler personnellement à cet officier de police dénommé Mamadou Konaté. Et, lorsque je l’ai rencontré lors d’une de ses fréquentes visites à notre domicile, il m’a dit qu’il n’y avait aucun doute ; nos enfants nous reviendraient quand ils le voudront dès leur majorité accomplie. Et qu’avant cela, nos enfants viendraient en vacances, sur un rythme de cinq ans, selon les possibilités financières de chaque famille adoptante. Mamadou Konaté nous avait totalement rassurés, mon mari, mes co-épouses et moi-même. Dans sa maladie qui l’a emporté, mon mari me disait un jour : « ...Sira, excuse-moi d’avoir occasionné le départ en France de tes enfants. Mais, je te fais le serment que le jour où je reverrai Mamadou Konaté, ce sale officier de police, je règlerai mon compte avec lui. Soit il me remet mes enfants ou, je le tuerai puis, ensuite je me donne la mort ».

Avez-vous combien d’enfants, en dehors des cinq enfants de votre mari, ont été envoyés en adoption en France par le truchement de l’ONG « Rayon soleil » ?

Je ne saurai vous le dire avec précision. Ce que je puis vous assurer par contre, c’est qu’ils sont très nombreux. Rien que dans notre quartier ici, on peut facilement en compter plus d’une vingtaine. Vous avez entendu les femmes présentes ici parler de leurs cas personnels. Toutes ont perdu un ou plusieurs enfants. Et toutes, comme moi, désignent le même Mamadou Konaté comme étant responsable du départ en France de leurs enfants. Ce capitaine nous a toutes rassurées avec quelques mots : « Vous me voyez, je suis officier de police malien. Je ne saurais cautionner ces adoptions avec « Rayon soleil » si ce n’était pas quelque chose de tout à fait propre ».

Propos recueillis par Alpha Kaba Diakité

L’Aube du 8 novembre 2007

Sur les traces des enfants maliens disparus en France (III) : L’ONG française « Rayon Soleil » au cœur du scandale

L’Aube poursuit avec abnégation ses investigations sur les centaines d’enfants envoyés en France en adoption, par l’ONG française « Rayon soleil ». Plus nous avançons dans nos enquêtes, plus les contours de l’affaire se précisent. En effet, depuis le début de nos révélations (voir l’AUBE n° 13 du jeudi 1er novembre 2007), sur les nombreux cas d’adoption, orchestrés par l’Ong « Rayon soleil » en France par l’entreprise de sa représentation malienne, les locaux abritant notre Rédaction sont quotidiennement pris d’assaut par des mères réclamant leurs enfants, partis en France et dont elles n’ont plus les nouvelles.

L’Aube se voit désormais investi d’une mission cardinale par ces nombreuses mères qui s’estiment avoir été tout simplement dupées par « Rayon soleil ».

Après le cri de détresse de Mme Guindo Goundo Keïta (voir l’Aube n°14 du 05 novembre 2007), Mme Keïta Sira Dembélé (l’une des trois veuves de feu Abdoul Wahab Keïta), et autre mère victime de la duperie de « Rayon soleil », s’est confiée à notre reporter, en présence de ses co-épouses, Fatou Samaké, et Fatoumata Traoré et de plusieurs dizaines de femmes, aussi dupées, par l’Ong incriminée. C’était au cours d’une grande rencontre organisée au domicile du chef de quartier de Babiyabougou, en commune I du District de Bamako.

Au nom de l’ensemble des mères victimes présentes, Madame Keïta Sira Dembélé s’est prêtée, sans détours, à nos questions.

L’Aube : Madame Keïta, comment avez-vous eu connaissance de l’ONG « Rayon soleil » ?

Adoption : Sur les traces d'enfants maliens portés disparus en France

L’adoption internationale, jadis prônée pour donner une chance aux enfants en situation difficile, s’apparente aujourd’hui à un véritable trafic d’enfants qui ne dit pas son nom. Ainsi, plusieurs enfants maliens, « adoptés » par des couples français, sont, aujourd’hui, portés disparus, quelque part dans l’hexagone.

La Convention de La Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération internationale en matière d’adoption internationale, est une convention à laquelle 74 pays ont adhéré sans la ratifier. Et parmi le petit nombre de pays l’ayant ratifiée, figure le Mali, où la convention est entrée en vigueur le 1er janvier 2007. Mais, il faut savoir qu’avant même d’adhérer à ladite convention, les autorités de notre pays autorisaient déjà la pratique de l’adoption internationale, notamment en partenariat avec des structures spécialisées en la matière, nonobstant l’absence d’une législation mieux adaptée au contexte international.

En 2005, 82 enfants maliens ont quitté leur terre natale sous le couvert de l’adoption internationale.

En 2006, 109 autres ont subi le même sort. Depuis 1990, les couples européens, désireux d’adopter des enfants maliens se bousculent aux portes des ONG et autres structures spécialisées dans les procédures d’adoption.

La direction nationale de l’enfant et de la famille qui pilote les dossiers d’adoption internationale, cerne-t-elle bien tous les contours du phénomène ? Difficile de savoir. En tous les cas, il y a de plus en plus de protestations chez certaines mères dont les enfants ont été adoptés de façon apparemment normale. C’est le cas de Mme S. K, domiciliée au quartier Badialan III, qui remue ciel et terre pour récupérer son garçon, parti en France depuis 1994, avec un couple français « adoptant ». Selon la dame S.K, son mari serait à la base du départ de son fils.

Blog: Mali - Adoption : Sur les traces d'enfants maliens portés disparus en France

Enquête
Adoption : Sur les traces d'enfants maliens portés disparus en France
L'Aube, 01/11/2007 Commentaires [ 3 ] E-mail Imprimer

L’adoption internationale, jadis prônée pour donner une chance aux enfants en situation difficile, s’apparente aujourd’hui à un véritable trafic d’enfants qui ne dit pas son nom. Ainsi, plusieurs enfants maliens, « adoptés » par des couples français, sont, aujourd’hui, portés disparus, quelque part dans l’hexagone.

La Convention de La Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération internationale en matière d’adoption internationale, est une convention à laquelle 74 pays ont adhéré sans la ratifier. Et parmi le petit nombre de pays l’ayant ratifiée, figure le Mali, où la convention est entrée en vigueur le 1er janvier 2007. Mais, il faut savoir qu’avant même d’adhérer à ladite convention, les autorités de notre pays autorisaient déjà la pratique de l’adoption internationale, notamment en partenariat avec des structures spécialisées en la matière, nonobstant l’absence d’une législation mieux adaptée au contexte international.

En 2005, 82 enfants maliens ont quitté leur terre natale sous le couvert de l’adoption internationale.

En 2006, 109 autres ont subi le même sort. Depuis 1990, les couples européens, désireux d’adopter des enfants maliens se bousculent aux portes des ONG et autres structures spécialisées dans les procédures d’adoption.

La direction nationale de l’enfant et de la famille qui pilote les dossiers d’adoption internationale, cerne-t-elle bien tous les contours du phénomène ? Difficile de savoir. En tous les cas, il y a de plus en plus de protestations chez certaines mères dont les enfants ont été adoptés de façon apparemment normale. C’est le cas de Mme S. K, domiciliée au quartier Badialan III, qui remue ciel et terre pour récupérer son garçon, parti en France depuis 1994, avec un couple français « adoptant ». Selon la dame S.K, son mari serait à la base du départ de son fils.

Une autre mère malienne, est inconsolable : une ONG, installée à l’Hippodrome, lui aurait pris son enfant de 2 ans, en 2002, en promettant de l’envoyer en vacances à Bamako, chaque année. Mais depuis, cette pauvre mère n’a plus revu son enfant.

Abdoulaye Kéïta, père de nombreux enfants, pleure lui aussi : trois de ses enfants partis en France dans le cadre de l’adoption internationale ne sont plus jamais revenus. Pire, ils sont portés disparus en France. Joint par téléphone, Me Coulibaly Avocat à Paris qui suit cette affaire nous apprend que le dossier suit son cours.

En plus des trois enfants Kéïta, quatre autres sont également portés disparus. Au total, sept enfants maliens sont portés disparus en France. En ce moment, Maître Coulbaly cherche à clarifier ces disparitions.

L’ONG « Rayon de Soleil » qui était présente à Bamako en 2001, est fortement soupçonnée dans le cas des Frères Kéïta. Le document administratif délivré par les autorités maliennes pour l’adoption (05 décembre 1990) et le numéro de Visa de sortie n° 189908593, délivré par le consulat de France à Bamako en faveur des enfants, font mention de « Rayon de Soleil », installée 8 bis, Rue Martel 75010 ( Paris ). Et le cerveau de l’opération serait une certaine Mme BOUDAULT.

Alpha Kaba Diakité
L'Aube, est seul responsable du contenu de cet article
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Vos commentaires
Posté par jakinto, le 01 Nov 2007 03:15:46 GMT
Gardons notre dignité,car ceux qui adoptent et partent avec les enfants
ne valent pas mieux que nous.L'enfant est un don du ciel ,si ces gens là
cherchent par tous les moyens à adopter des enfants africains c'est
parcequ' avoir un enfant est une fièrté et doit le rester.l'argent ne
peut pas remplacer un enfant.
Répondre à < jakinto >
Posté par Diediecha, le 01 Nov 2007 02:41:34 GMT
OH nos parents si c est une fierite pour vous que vos enfants aillent en
france pour l adaption international a cause de l argent facile au dos
de vos enfants cela est une honte .Je mexcuse du terme cest a vous et
vous seul de recolter les consequences.Allez y voir les enfants blancs
francais s il son bien eduques.N accusez personne
Répondre à < Diediecha >
Posté par diplo, le 01 Nov 2007 02:10:52 GMT
Je dis pas pour les orphelins mais pour les parents qui ont accepte de
donner leurs enfants, c'est juste de la cupidite et ils payent les pots
casses!
Répondre à < diplo >

Mme Boudault nous écrit a propos de l'adoption d'enfants maliens : S’il y a un coupable, c’est bien Rayon de Soleil France *

Suite à nos articles sur la vague d’adoptions d’enfants maliens en France, initiée par l’Ong française « Rayon de soleil », Madame Boudault Danielle, Représentante de la filiale de cette ONG à Bamako de 1988 – 1991, a adressé à notre Rédaction, depuis Limours (France), un droit de réponse que nous publions en intégralité.

Je suis affectée à Bamako au Mali le 01/09/1987, détachée par l’administration des Finances auprès du Ministère de la Coopération et chargée d’enseignement à l’Ecole Nationale d’Administration de Bamako.

 Mon salaire d’Assistante technique me permettait à mon modeste échelon, de réagir aux situations douloureuses que je pouvais rencontrer. La maison était ouverte, ceux qui le souhaitaient pouvaient y trouver un peu d’aide, d’écoute, et d’espoir.

Au bout de quelques mois, je suis devenue correspondante de l’Association Rayon de Soleil France de l’Enfant Etranger, ?uvre d’adoption. Il m’a été demandé de produire différents documents (état civil, moralité, santé, parcours professionnel) qui ont été adressés aux autorités françaises et maliennes par les soins de cette Association. Bien sûr, le Consulat et l’Ambassade de France étaient informés.

Cette ?uvre reçoit l’habilitation pour faire des adoptions au Mali.

Mali - Sur les traces des enfants maliens disparus en France

Sur les traces des enfants maliens disparus en France


Une mère en détresse réclame ses jumeaux - Après notre article intitulé « Sur les traces des enfants maliens en France », l’Aube poursuit ses investigations sur les enfants supposés portés disparus en Hexagone. Cette fois, nous ferons des révélations sur le cas de deux jumeaux -Lassana et Awa- qui selon leur maman Madame Guindo Goundo Keïta, n’ont pas donné signe de vie, depuis plus de douze ans.

Partis en France à l’âge de cinq ans, Lassana et Awa étaient pourtant heureux et pleins de vie jusqu’au jour où leur maman a rencontré l’ONG française « Rayon de soleil », par l’entremise d’une de ses camarades. Dans la première partie de notre enquête, (voir l’AUBE n° 13 du jeudi 1er novembre 2007) nous évoquions le cas des cinq Frères Keïta de la famille de Abdoul Wahab Keïta (décédé), où Mme Boudault Danielle, représentante de « Rayon soleil » au moment des faits, était désignée comme principale accusée. Accusation au demeurant fondée sur les témoignages émanant des familles concernées par des cas de disparition portés à notre connaissance.

Madame Guindo Goundo Keïta, désigne elle aussi, la même dame Madame Boudault Danielle, comme responsable du départ en France, de ses deux enfants. Même si elle reconnaît avoir donné son accord pour cela. Mais quand Mme Guindo relate la façon dont ses enfants sont partis en France, c’est avec des larmes. « Le jour où mes enfants ont été pris à notre domicile au Badialan, je n’étais pas présente. J’étais allée faire des courses en ville. Et, c’est à mon retour que j’ai su qu’ils ont été emmenés au siège de « Rayon soleil » sis à l’Hippodrome par Bourama Diakité, chauffeur de Mme B. Danielle.  Aussitôt, j’ai sauté dans un véhicule pour aller voir mes enfants.

Mais avant d’aller au siège, l’on m’avait appris que le chauffeur était venu prendre les enfants et qu’il aurait demandé de se faire remettre les extraits de naissance des jumeaux. Et cela avait été fait. Mais lorsque je suis arrivée au siège de « Rayon soleil », j’ai proposé à Madame Boudault de me remettre les originaux des deux extraits de naissance de mes enfants contre les copies certifiées que j’avais pris soin d’apporter avec moi. Ensuite, poursuit mme Guindo G. Keïta, la responsable de « Rayon soleil » ne m’avait donné aucun document avant d’envoyer mes enfants en France. Toutefois, je recevais des photos de mes deux enfants pendant les premières années qui ont suivi leur départ. Et, c’est Bourama Diakité, le chauffeur de Mme Boudault, resté à Bamako après le retour définitif de sa patronne, qui me portait les courriers à la maison et les photos aussi. »

De l’avis de Mme Guindo, ses courriers venaient toujours sans aucune mention concernant la ou les adresses de mes enfants ni celles des familles les ayant adoptés. D’autres mères en dehors de la dame Goundo Keïta, seraient également dans un état de détresse morale et affective assez profond. Stress causé par le fait qu’elles voient s’amenuiser chaque instant l’espoir de revoir un jour leurs enfants. Parmi ces mères désespérées, figurent Madame Salimata (Koulouba), l’épouse du défunt Abdel Wahab Keita, à Babiagougou, Mme Rokia (Niamakoro) et bien d’autres encore, selon nos sources.

Sous la pression des mères à la recherche de leurs enfants amenés en hexagone par l’Ong « Rayon Soleil », Bourama Diakité se sent excédé. « …Je ne m’explique pas du tout l’acharnement de toutes ces femmes sur moi. Au « Rayon Soleil », ma fonction se limite à conduire ma patronne et amener sa fille à l’école française de Bamako. Quant aux enfants qui étaient en placement au « Rayon Soleil » je transportais à l’hôpital ceux dont l’état exigeait des soins. Mais j’amenais toujours ceux-là sur l’ordre de Madame Baudault, la patronne qui m’a recruté. Les enfants programmés pour l’adoption en France, subissaient des visites et analyses médicales auprès des centres hospitaliers comme le Point G, Gabriel Touré et l’INRSP, avant leur départ. Ces courses, oui je les faisais. Ensuite je conduisais souvent Mme Baudault vers les tribunaux notamment le tribunal de la commune II et celui de la commune I en vue de faire des documents de justice pour les enfants à adopter en France. Mon rôle à l’Ong « Rayon Soleil » se limitait exclusivement en cela. Rien d’autre ».

Si c’est à cause du fait que les courriers me sont adressés pour que je les ventile ensuite au niveau des familles d’origine des enfants que « Rayon Soleil » a fait adopter en France, alors ces femmes se trompent d’ennemi. Ce n’est pas à moi qu’elles doivent s’en prendre mais plutôt à l’Ong « Rayon Soleil ».

Tractations ambiguës entre parents biologiques et « Rayon Soleil »

Toutes les mères que nous avons contactées dans le cadre de notre enquête sur les enfants adoptés en France par le truchement de « Rayon Soleil » et qui ne donnent plus signe de vie à leurs familles d’origine au Mali, n’ont qu’un mot à la bouche ; ils (les responsables de Rayon Soleil) ont emmené mon enfant en France sans me laisser aucun document d’adoption et ni une adresse de la famille adoptante. Ces mères jurent, la main sur le cœur, qu’elles n’ont pas perçu une once de la part de l’Ong Rayon Soleil. Et lorsqu’on leur pose la question si elles savent faire la différence entre les deux types d’adoption à savoir l’adoption protection et l’adoption filiation, c’est sans détour qu’elles répondent non ! Rien d’étonnant quand on connaît le taux d’analphabète très élevé des femmes au Mali.

Cette situation suscite deux questions : premièrement est-ce que l’ONG « Rayon soleil avait-elle pris la précaution de faire à l’intention des familles d’origine des enfants qu’elle a fait adopter en France, une lecture pédagogique des textes législatifs en matière d’adoption internationale au Mali ? Les autorités administratives  ont-elles été suffisamment vigilantes pour éviter aux nombreuses mères victimes aux cœurs déchirés, d’être flouées par l’ONG « Rayon Soleil ?

Des mères flouées par « Rayon soleil »

A en croire Mme Guindo Goundo Keïta, elle n’aurait pas été associée aux formalités administratives qui ont abouti à l’adoption de ses jumeaux en France. Et d’autres mères seraient, selon Mme Guindo, dans la même situation.

En effet, quatre autres mères contactées dans le cadre de notre enquête, nous ont déclaré fermement ne pas disposer d’aucun document relatif à l’adoption en France de leurs enfants. Non plus, elles n’auraient pas eu aucun contact avec un juge malien.

Ces déclarations sont d’autant plus étonnantes qu’elles tranchent avec celles faites par l’ex-chauffeur de Mme Boudault Danielle, pointée du doigt par plusieurs mères comme étant la seule responsable de leur détresse morale. Bourama Diakité, l’ex-chauffeur à « Rayon soleil », nous a révélé en effet que les documents d’adoption faits par sa patronne se faisaient généralement au niveau de deux tribunaux ; à savoir le tribunal de la commune I et celui de la commune II. Jointe au téléphone par notre Rédaction Maître S.M, en service au tribunal de la commune II à l’époque des faits (1990-1991), nous a donné des éclaircissements sur les textes juridiques qui étaient en vigueur sur l’adoption du Mali. Et selon Maître S.M, ces textes ne prévoyaient pas l’adoption –filiation. Seule l’adoption-protection était possible. Et cette forme d’adoption ne faisait nullement obligation aux parents biologiques de se présenter au Tribunal.

Le Mali et d’autres pays, face aux dérives constatées ici et là, en matière d’adoption internationale, ont dû se doter d’un instrument juridique mieux adapté et garantissant au mieux les intérêts de l’enfant adopté et en fixant plus d’obligation pour l’adoptant envers l’enfant. De l’avis de Maître S.M, l’adoptant venait seul par devant le juge, muni d’une simple autorisation signée par les parents et légalisée par une mairie. Il ne s’agissait donc pas d’une procédure compliquée contrairement aux textes en vigueur actuellement au Mali sur l’adoption. A la lumière de ces précisions, l’on comprend tant de facilité qu’avait eu « Rayon soleil » pour faire adopter autant d’enfants maliens sous le régime adoption-protection. Mais pourquoi alors certaines mères sont-elle restées plusieurs années, sans avoir des nouvelles de leurs enfants adoptés en France par le truchement de Madame Boudault Danielle, au nom de « Rayon soleil » ?

Pour quelles raisons Madame Boudault ne révèle-t-elle pas les adresses des familles adoptantes des enfants maliens surtout quand on sait que ces enfants n’avaient pas fait l’objet d’adoption –filiation (qui annule chez les parents biologiques tout droit de paternité sur l’enfant adopté) ? Madame Guindo Goundo Keïta exige que Mme B. Danielle lui révèle l’adresse de la famille auprès de laquelle elle a fait adopter Lassana et Awa qui ont fêté le 28 octobre 2007, leur 22è anniversaire. Les jumeaux Lassana et Awa sont-ils séparés, communiquent-ils ? Autant de questions que se pose la mère des jumeaux depuis bien longtemps.

Madame Boudault Danielle ou à défaut, la Direction de « Rayon soleil » au 8 bis, Rue Martel (Paris 10è arrondissement) pourra-t-elle soulager le cœur meurtri de Goundo Keïta en lui donnant enfin des nouvelles de ses enfants ?

Alpha K. Diakité, L'Aube du 5 novembre 2007

De Ségou à Paris, les jumelles Cissé ont-elles été vendues ?

Un ex-agent de l’Office du Niger Ségou est à la recherche de ses jumelles. Celles-ci ont été adoptées en France depuis 1990. Mais voici 12 ans que Mr Cissé est sans trace de sa progéniture. Récit d’un mélodrame sous le couvert de la solidarité qui a cependant tout l’air d’un trafic d’enfant.

Nous sommes en 1990. Précisément le 17 Mars. Dans la famille Cissé, naît ce jour là, deux jumelles que les parents ont vite fait de baptiser une semaine après Hawa et Adama. Le père, Alassane Cissé est le principal graisseur de la station de pompage de l’Office du Niger. La mère est ménagère. Moins d’un mois après son accouchement, le sort en décidera autrement pour cette dernière. Balkissa Traoré décède le 9 avril 1990.

Déjà, avec 4 autres orphelins dans les bras sans compter les jumelles et se trouvant dans une fonction précaire, Alassane Cissé sera à l’écoute des compassions et des âmes charitables. « Le jour de l’enterrement de ma femme, un militaire en retraite du nom de Alou Traoré m’a proposé de voir le service de l’action sociale afin de prendre les jumelles en charge. Comme je ne savais ni lire, ni écrire j’ai juste informé le lendemain Oumar Tounkara un syndicaliste de l’Office du Niger qui a contacté à son tour le SG Ntji Coulibaly et Oumou Koné du Service Administratif de l’Office du Niger.

Puis on m’a dit que le Directeur Général, à l’époque Moussa Léo Sidibé, a fait un papier dans ce sens pour la Direction Régionale de la Santé. Ce que je sais après tout cela, c’est qu’au deuxième jour, on m’a appelé à travers Haby Doucouré au Centre de Santé Famory Doumbia pour me signifier qu’une toubab va s’occuper désormais des enfants. Moi je ne l’ai jamais vue mais j’ai donné mon accord vu tout l’entourage qui se battait pour moi dans mes difficultés…. », nous raconte Alassane Cissé, un compressé de l’Office du Niger depuis 1994 habitant aujourd’hui le quartier Darsalam. En réalité, cette Toubab dont elle parle se trouve être Danielle Boudault dont le nom nous été donné par une responsable féminine de Bamako versée dans les histoires d’adoption d’enfants mais qui nous a informé également que cette dernière ne vit plus au Mali se trouvant aujourd’hui précisément à Limours en France. C’était une assistante technique au Mali par le biais de la Coopération Internationale et qui donnait des cours à l’ENA de Bamako avant de se trouver peu de temps après, Correspondante d’une ONG française qui s’occupe de l’adoption des enfants.

Cette ONG s’appelle Rayon de Soleil de l’Enfant Etranger. Tout allait bien au départ puisque la famille Cissé recevait des photos des enfants, mais juste des photos des enfants, jusqu’en 1997 où démarra le silence radio. Ni Danielle, ni la responsable du secteur Afrique de cette ONG, en l’occurrence Nael Yelaine dont nous avions trouvé le nom et l’adresse sur un coupon de papier encore moins les services de l’action sociale de Ségou n’étaient en mesure de dire où se trouvaient les jumelles et que sont-elles devenues. Ce que nous, nous savons, grâce aux photos envoyées depuis la France c’est qu’entre 1990 et 1997 les jumelles Hawa et Adama ont connu deux familles d’adoption.

Fear over Mali's missing children

By Martin Vogl

Adama Coulibaly has got his daughter back now, but he is still determined to find out what happened to her and how she went missing from the streets of Mali's capital, Bamako.

According to Mr Coulibaly, his four-year-old daughter Adjaratou was abducted from in front of his house in September last year.

Four months later, in January this year, Adjaratou was spotted by a friend. She was with a German couple in central Bamako.

The Germans had legally adopted Adjaratou and were due to fly with her to Germany in a couple of days.