Justice : plus d’adoption internationale en RDC jusqu’à nouvel ordre

3 November 2015

Justice : plus d’adoption internationale en RDC jusqu’à nouvel ordre

Mardi 3 Novembre 2015 - 16:15

Le gouvernement vient d’interdire l’adoption internationale des enfants congolais jusqu’à la promulgation de la nouvelle loi en cours d’examen à la chambre basse du Parlement.

L’adoption internationale des enfants congolais est interdite jusqu’à nouvel ordre. C’est en tout cas ce qui ressort d’une récente communication du ministre de la Justice et des Droits humains après l’échange qu’il a eu avec les diplomates des pays concernés dans le cadre de la commission interministérielle chargée de cette question. Il ressort des discussions que le gouvernement de la RDC suspend toute procédure liée à l’adoption des enfants congolais par des étrangers jusqu’à la promulgation d’une nouvelle loi en cette matière. Et par voie de conséquence, les activités de la commission chargée du traitement des dossiers d’adoption sont suspendues. Les dossiers des familles restés en souffrance ne pourront être rouverts qu’après la promulgation de la nouvelle loi en cours d’examen à l’Assemblée nationale. Lesdits dossiers, à en croire les précisions du ministre Alexis Thambwé Mwamba, seront traités suivant les conditions que la nouvelle loi aura définies.

Pourquoi en est-on arrivé là ? La question vaut son pesant d’or. Le gouvernement via son ministre de la justice, ne pipe mot sur les raisons ayant milité en faveur de cette prise de décision, se contentant juste d’affirmer que les enfants éligibles à l’adoption internationale subissent souvent « des actes qui blessent la conscience » dans leurs pays d‘accueil. Bien plus, plusieurs dossiers ont été traités de manière irrégulière en dehors de la procédure réglementaire. Toutefois, d’après des indiscrétions, il appert que les enfants ainsi adoptés sont souvent victimes de traitements inhumains dans ce qui s’apparente de plus en plus à un trafic d’êtres humains.

Toutefois, nonobstant le gel des dossiers, un certain nombre sur les milliers recensés, ont été passés au crible par la commission interministérielle qui a retenu seulement soixante-neuf cas éligibles en plus de trois enfants atteints des maladies graves. Les enfants dont les dossiers ont été jugés conformes et ayant répondu aux conditions prescrites ont été autorisées de sortie. Huit pays d’accueil sont concernés, en l’occurrence la France, la Belgique, la Suisse, l’Allemagne, l’Italie, le Canada, les Pays-Bas et les USA. À noter que la commission interministérielle est composée des représentants de la primature, des ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de la Défense, de la Justice, du Genre, de la Famille et de l’Enfant, de l’ANR (Agence nationales des renseignements) et de la DGM (Direction générale de migration).

Alain Diasso

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