18 DÉCEMBRE 2019
30 ANS APRÈS LA CHUTE DE CEAUSESCU, LE PAYS EST ENFIN SUR LE POINT DE FERMER LES ORPHELINATS HÉRITÉS DE L'ÉPOQUE COMMUNISTE
Il y a 30 ans, à la chute du régime communiste, le monde découvrait en Roumanie d’immenses orphelinats, certains de véritables mouroirs, où survivaient des centaines de milliers d’enfants, parfois attachés à leur lit, livrés à eux mêmes. Depuis la disparition de Ceausescu, d'importants progrès ont été réalisés en termes de protection des enfants et le pays se prépare à fermer les 147 derniers centres hérités de l’époque communiste. Mais beaucoup reste à faire pour en finir avec l'héritage du dictateur : les abandons persistent et 54 000 enfants sont toujours sous tutelle de l’État, alertent l'association CARE et son partenaire SERA Romania.
La Roumanie est le seul pays où l’abandon d’enfants a été encouragé par l’État, qui avait développé un réseau de plus de 600 orphelinats. Conséquence de la politique ultra nataliste du dictateur Ceausescu - interdiction de la contraception et de l’IVG, obligation de faire 5 enfants par femme - abandonner son enfant était devenu en 1989 un acte banal. Si ce système a été abrogé en 1997, l’impact est encore bien présent 30 ans après. En 2018, 54 000 enfants étaient toujours sous la protection de l’État, dont 60 % en situation de handicap. Encore beaucoup grandissent dans des centres de placement inadaptés offrant peu de perspectives.
« Malgré un net recul depuis les années 90 et le travail acharné de nos équipes sur le terrain qui ont permis de fermer 87 orphelinats de l’époque de Ceauscescu et d’améliorer le destin de plus de 88 000 enfants en Roumanie, le nombre d’enfants placés est encore bien trop important ! », explique Bogdan Simion, directeur de l’association SERA Romania, soutenu par CARE.